Gnawa
FC–LIV–0018 · 31.5° N, 9.8° W

Gnawa

Gardiens de la Nuit de Guérison
Enregistré avec le consentement des maâlems (maîtres-musiciens) et de leurs confréries

Les Gnawa sont un peuple marocain et une confrérie spirituelle descendant des Africains subsahariens réduits en esclavage — Bambara, Haoussa, Peuls et autres — conduits vers le nord à travers le Sahara au fil des siècles. De cette blessure, ils ont tissé une culture de guérison : la lila, cérémonie nocturne de musique, d'encens et de transe menée par un maâlem au guembri, le luth grave à trois cordes, portée par le cliquetis de fer des qraqeb (castagnettes) et chantée dans une darija mêlée de bambara remémoré. Couleur après couleur, la nuit convoque les mluk, les esprits, jusqu'à ce que les affligés dansent leur douleur jusqu'à la délivrance. Inscrite par l'UNESCO en 2019, la musique gnawa emplit désormais les scènes des festivals d'Essaouira au monde entier — mais son cœur demeure la confrérie et la longue nuit. FirstCiv conserve ces enregistrements vivants sous forme de Tablettes du Patrimoine appartenant à la communauté, la propriété restant aux maâlems et à leurs lignées.

204
Tablettes émises
33
Contributeurs de terrain
21,600
$LORE à la communauté
7
Couleurs de la nuit
Gnawa
Photographs: Wikimedia Commons (public domain / CC BY / CC BY-SA)
Peuple
Une confrérie à travers le Maroc et le Maghreb
Terre natale
Maroc · Essaouira · Marrakech et au-delà
Héritage
Descendants d'Africains subsahariens réduits en esclavage
Foi
Islam d'inspiration soufie · vénération des mluk
Signature
La lila nocturne de musique et de transe
Reconnaissance
Patrimoine immatériel de l'UNESCO, 2019

À travers le Sahara, enchaînés

Les Gnawa font remonter leurs racines aux peuples subsahariens — Bambara, Haoussa, Peuls, Songhaï et d'autres — amenés vers le nord au Maroc au fil de siècles de traite transsaharienne, beaucoup par les grandes routes du désert vers les sultans saadiens et alaouites. Déracinés d'une douzaine de terres et de langues, ils ont forgé de leur souffrance une identité nouvelle et unique, liée non par le sang mais par une musique partagée, une foi partagée et une nuit partagée. Le mot même de qraqeb, les castagnettes de fer, rappellerait les fers qu'ils portaient jadis.

À travers le Sahara, enchaînés

La lila — une nuit qui guérit

Au cœur de la vie gnawa se trouve la lila ou derdeba : une cérémonie nocturne de guérison. Menée par un maâlem au guembri et portée par les qraqeb et le chœur, la musique parcourt une séquence fixe de couleurs — chacune convoquant une famille de mluk, les esprits — tandis que brûle l'encens et que l'arifa guide ceux qui sombrent dans la transe. Danser la jadba, c'est laisser l'esprit chevaucher le corps jusqu'à ce que l'affliction en soit dansée au-dehors. C'est à la fois une dévotion d'inspiration soufie envers les saints et un rite de possession africain bien plus ancien, fondus en quelque chose de pleinement marocain.

La lila — une nuit qui guérit

De la confrérie à la scène mondiale

À la fin du XXe siècle, la musique gnawa a débordé de la lila sur les scènes du monde — attirant au Maroc des musiciens de jazz, de rock et d'Occident, et donnant naissance en 1998 au Festival Gnaoua et Musiques du Monde d'Essaouira, aujourd'hui l'un des plus grands d'Afrique. En 2019, l'UNESCO a inscrit les Gnawa sur sa liste du patrimoine culturel immatériel. Les maâlems mènent un équilibre délicat : partager la musique avec le monde tout en gardant la nuit sacrée à sa source — et transmettre le guembri, corde après corde, à une nouvelle génération.

De la confrérie à la scène mondiale
Ways of life

What is kept alive

Le guembri

Le guembri

Sintir · hajhouj

Le luth-basse à trois cordes, cordes de boyau sur une caisse en peau de chameau, dont la pulsation grave sert au maâlem à appeler les esprits de la nuit.

Qraqeb

Qraqeb

Castagnettes de fer

Lourdes castagnettes de fer, deux par main, dont le cliquetis incessant entraîne la transe — un son que les Gnawa relient aux chaînes de leurs ancêtres.

La lila et la jadba

La lila et la jadba

Nuit de transe

La cérémonie nocturne de guérison, parcourant couleur après couleur les esprits jusqu'à ce que les danseurs sombrent dans la transe de possession et soient reposés à nouveau.

Cauris et robes

Cauris et robes

Tenue tagnawit

Tuniques éclatantes, bonnets à coquillages de cauris et le bonnet à pompon tournoyant — les cauris, jadis monnaie saharienne, portés aujourd'hui comme mémoire et ornement.

Les sept couleurs

Les sept couleurs

Les mluk

Une procession fixe de couleurs — blanc, bleu, rouge, noir et plus encore — chacune convoquant sa propre famille d'esprits tout au long de la nuit.

Le festival

Le festival

Essaouira

Depuis 1998, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde porte la musique de la confrérie à un public mondial sur les remparts atlantiques d'Essaouira.

Through deep time

A long thread

16th–18th c.
Des Africains subsahariens amenés au nord le long des routes transsahariennes
c. 1500s onward
La cérémonie de la lila et les confréries gnawa prennent forme au Maroc
18th c.
Les Gnawa associés aux cours saadiennes et alaouites et aux sanctuaires des saints
1960s–70s
Les musiciens occidentaux découvrent les Gnawa ; la musique commence à voyager
1998
Premier Festival Gnaoua et Musiques du Monde tenu à Essaouira
2019
L'UNESCO inscrit les Gnawa au patrimoine culturel immatériel
2025
Enregistrements de terrain vivants et consentis sur FirstCiv
Belief & story

Les mluk, les couleurs et la nuit qui guérit

Le monde gnawa est peuplé des mluk — des esprits, ni tout à fait bons ni tout à fait mauvais, chacun doté d'une couleur, d'un parfum, d'un rythme et d'un nom, certains portant d'anciennes divinités africaines sous une surface islamique. Dans la lila, ils sont convoqués selon un ordre strict, couleur après couleur : le blanc des saints et du Prophète, le bleu du ciel et de l'eau, le rouge des esprits plus sanglants, le noir des puissances de la forêt. Sidi Bilal — le compagnon abyssin du Prophète, le premier muezzin — est honoré comme patron de la confrérie. Être chevauché par un esprit en transe, ce n'est pas être blessé mais être rencontré : la tâche du maâlem est de jouer à chacun sa propre musique jusqu'à ce qu'il soit apaisé et que l'affligé soit rendu à l'intégrité. La nuit est à la fois médecine, dévotion et mémoire.

Voices

Hear it for yourself

Le guembri ouvre la lila
▶ Video · 5:40
VERIFIED

Le guembri ouvre la lila

by @maalem.essaouira · Essaouira#0204
Faire entrer les mluk dans la pièce par la danse
▶ Video · 4:18
VERIFIED

Faire entrer les mluk dans la pièce par la danse

by @jadba.fatna · Marrakech#0190
Les sept couleurs de la nuit
Récit · audio · 9:30
VERIFIED

Les sept couleurs de la nuit

by @arifa.lila · Essaouira#0181
Woven into the world

Threads across the graph

Tuareg

Voisins sahariens dont la musique et la poésie, comme le chant gnawa, traversent le désert qui a façonné les deux peuples.

Visit

San

Un autre peuple africain dont la guérison passe par une danse nocturne qui porte le danseur dans la transe.

Visit

Maasai

Pasteurs d'Afrique de l'Est dont le chant et la danse rythmée, comme la lila, unissent une communauté dans une voix et un mouvement partagés.

Visit
Questions

Questions fréquentes

Qui sont les Gnawa ?

Les Gnawa sont un peuple marocain et une confrérie spirituelle descendant d'Africains subsahariens — Bambara, Haoussa, Peuls et autres — amenés au nord à travers le Sahara au cours de siècles de traite. De cette histoire, ils ont bâti une identité partagée centrée sur la musique de guérison, l'islam d'inspiration soufie et la cérémonie nocturne de la lila. Leur tradition se trouve aujourd'hui dans tout le Maroc et, sous des formes apparentées, en Algérie et en Tunisie.

Qu'est-ce qu'une lila gnawa ?

La lila (ou derdeba) est une cérémonie nocturne de guérison menée par un maâlem maître-musicien. Portée par le luth-basse à trois cordes guembri, les castagnettes de fer qraqeb et le chœur, et guidée par l'encens et une arifa, elle parcourt une séquence fixe de couleurs — chacune convoquant une famille d'esprits, les mluk — jusqu'à ce que ceux qui sombrent dans la transe dansent leur affliction jusqu'à la délivrance. Elle est à la fois dévotion, médecine et mémoire.

De quels instruments jouent les Gnawa ?

L'instrument principal est le guembri (aussi appelé sintir ou hajhouj), un luth-basse à trois cordes, aux cordes de boyau tendues sur une caisse en peau de chameau, joué par le maâlem. Le rythme incessant vient des qraqeb — de lourdes castagnettes de fer, deux tenues dans chaque main — auxquels s'ajoutent tambours et chœur en appel et réponse. Les Gnawa disent que le cliquetis de fer des qraqeb rappelle les chaînes que portaient jadis leurs ancêtres.

Où vivent les Gnawa, et la tradition est-elle toujours vivante ?

Les communautés et confréries gnawa se trouvent dans tout le Maroc, surtout à Essaouira et à Marrakech, avec des traditions apparentées en Algérie et en Tunisie. La tradition est bel et bien vivante : elle a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2019, et le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d'Essaouira, tenu depuis 1998, attire chaque année d'immenses publics internationaux.

Comment puis-je aider à préserver le patrimoine gnawa ?

Soutenez directement les maâlems et les confréries — assistez à leurs cérémonies et festivals selon leurs conditions, achetez leurs enregistrements, et respectez le fait que le cœur sacré de la lila n'est ni à vendre ni à donner en spectacle. Sur FirstCiv, les enregistrements ne sont partagés qu'avec le consentement des maâlems et émis sous forme de Tablettes du Patrimoine qui conservent la propriété et les redevances à la confrérie d'origine, afin que la valeur de la musique revienne à ceux qui la maintiennent en vie.

Owned by its keepers

Every recording here is held with community consent. The Gnawa are named as origin and primary beneficiary; royalties flow to the community fund. Photographs: Wikimedia Commons (public domain / CC BY / CC BY-SA).